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Règles d’interprétation du WISC IV,

combinées avec l’interprétation de la figure de Rey.

 

Tiré  de Psychométrie qualitative, un des chapitres de l’ouvrage La complexité de soi, Benoît Virole, 2011.

Psychométrie qualitative par  Benoit Virole

 

 

 

Résumé du chapitre contenu dans La complexité de soi

 

  Nous présentons une méthode d’exploration du développement de l’enfant et de l’adolescent.  Les tests psychométriques, (Figure de Rey, WISC-IV, WPPSI-III, WNV, K .ABC, SON) et  les tests projectifs Rorschach et TSEA sont insérés dans une perspective qualitative.   Le développement cognitif est assimilé à une trajectoire dans un espace complexe multidimensionnel et les formes cliniques sont assimilées à des attracteurs sur une surface de réponse d’un vaste système dynamique. La métaphore du « paysage développemental » résume cette conception.  L’orientation dans la sélection des tests psychométriques, leur ordre de passation  et leur insertion dans une démarche clinique globale sont présentés de mêmes  que les préconisations des types de thérapies, rééducations et remédiations (Cognibulle). Nous insistons sur deux faits :  la variabilité interindividuelle des aptitudes cognitives et la notion de trajectoire idiosyncrasique de développement.  

 

Extrait du chapitre Psychométrie qualitative

Interprétation générale

 

Le calcul des indices du WISC-IV intègre des différents subtests. Il permet d’évaluer des dissociations entre l’indice verbal, l’indice de raisonnement perceptif, l’indice de mémoire de travail, l’indice de vitesse de traitement.  La moyenne des quatre indices sert de ligne de base pour analyser la variabilité des indices et identifier les forces et les faiblesses. Cette analyse nécessite les tables chiffrées contenues dans le manuel car la signification de l’écart à la moyenne varie selon l’âge du sujet. Sur une population d’échantillonnage de sujets normaux, Grégoire et Wierzbicki ont montré que la variabilité des indices était présente chez  60%  des sujets et qu’elle était indépendante du sexe, de l’âge et du quotient intellectuel total.

 

 Le raisonnement par règles sur les subtests est plus informatif que la manipulation des indices dont nous nous servons rarement sauf en cas de dissociation  entre l’indice verbal et l’indice de raisonnement perceptif. Dans le cas d’une dissociation en défaveur de l’indice verbal, plusieurs hypothèses peuvent être posées. La difficulté linguistique a pu être mal évaluée avant la passation. On a  mesuré l’effet de la méconnaissance de la langue par le sujet. Mais, il peut exister aussi un  trouble de l’efficience verbale, indépendante de la connaissance acquise de la langue. Dans ce cas, une évaluation orthophonique est nécessaire.

 

L’ensemble des scores aux subtests peut être intégré dans un Quotient Intellectuel global. Cette valeur est peu informative, sauf si elle se situe en dessous de 70, ou au-dessus de 130, donc à deux écarts-types de la médiane de la distribution gaussienne. De façon générale, l’interprétation doit porter sur le profil qualitatif des différents scores. Elle  intègre les données cliniques et les résultats des autres tests (Rey et tests projectifs).

 

Règles d’interprétation

 

R1.- S’il existe une difficulté à la figure de Rey (type III, IV, V, VI, VII) et un faible score aux Cubes et un faible score aux Matrices, le raisonnement et la construction visuo-spatiale sont incriminés. Il peut exister une faiblesse générale de l’efficience, dans ce cas le Vocabulaire sera aussi faible (NS <7 ). Le diagnostic différentiel devra porter entre un retard ou une faiblesse de l’efficience et d’un autre coté une difficulté d’ordre dyspraxique. 

 

 

R2. - Si la figure de Rey est bonne (type I, II), le score aux Cubes est mauvais, et les Matrices sont échouées alors il existe une faiblesse dans le raisonnement malgré des capacités visuo-constructives respectées. Il existe une faiblesse dans le raisonnement logique (facteur g) mais l’hypothèse d’un retard mental structurel est peu probable (figure de Rey normale).

 

 

R3. - Si la figure de Rey est bonne, si le score aux Cubes est  bon (NS >7) et les Matrices échouées (NS <7), alors les capacités visuo-spatiales ont compensé la faiblesse en raisonnement logique  qui est mis en évidence aux  Matrices.

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R4. - Si la figure de Rey est mauvaise, si le score aux Cubes est bon et les Matrices échouées. Il est possible que l’échec à la figure de Rey soit lié à une difficulté graphique mais que l’analyse visuo-spatiale soit bonne. Dans ce cas, les Cubes ont bénéficié de l’apport visuo-constructif pour compenser la faiblesse en raisonnement objectivée aux Matrices.

       

 

R5.- Si le Vocabulaire est échoué (NS<7) et les Similitudes échouées (NS<7) et la Compréhension échouée (NS<7), il existe une faiblesse du langage et peut-être de l’efficience. Cette conclusion doit être appréciée vis-à-vis des conditions d’apprentissage du langage (bilinguisme), de troubles sensoriels, de troubles articulatoires et du niveau socioculturel général bas. Si aucune de ces conditions externes est présente, alors la faiblesse du Vocabulaire  entraîne les échecs aux autres subtests. Elle peut être un indice d’un déficit de l’intelligence qui devra être discuté en regard des résultats aux épreuves de raisonnement perceptif.

 

 

R6. – Si le Vocabulaire est échoué, ainsi que les Similitudes, mais que la Compréhension est réussie, alors l’utilisation pragmatique du langage est efficiente et le sujet compense ses faiblesses en lexique par une intelligence des situations concrètes. On observe parfois la situation rare où un sujet présente une excellente abstraction verbale (Similitudes) avec un Vocabulaire faible.

 

R7. – Si le Vocabulaire est bon (NS>7) et les Similitudes échouées, alors il existe une faiblesse dans l’abstraction verbale. Ces sujets ne peuvent raisonner de façon abstraite sur des concepts verbaux alors qu’ils disposent d’un stock lexical suffisant. Ces sujets peuvent avoir de bons résultats en raisonnement perceptif. L’abstraction verbale est fortement liée au niveau socioculturel de la famille. L’abstraction verbale est altérée dans  les troubles envahissants du développement. L’acquisition et la maîtrise de la catégorisation sémantique sont altérées  par la dissociation  psychotique.

 

R8.- Si le Vocabulaire est bon et la Compréhension échouée,  l’utilisation pragmatique du langage  est altérée. C’est  un indice d’une difficulté, soit de carence sociale, soit  psychopathologique.

 

R9.- Si le score en mémoire de travail est faible (NS<7) et le  nombre  de chiffres répétés à l’endroit égal ou inférieur à 3, et que le sujet a plus de 7 ans, alors il existe une faiblesse anormale de la mémoire de travail. Celle-ci peut être due à une faiblesse réelle de mémoire ou à un trouble attentionnel. Pour valider cette hypothèse, les épreuves du Code et des Symboles doivent être chutées.

 

R10. – Si  le Code, les Symboles et la mémoire de travail ont des scores inférieurs à 7 et que les autres subtests ont des valeurs normales (>7) alors le trouble de la séquentialisation est net. Il peut s’inscrire dans un trouble de l’attention si le contexte clinique est en accord avec cette hypothèse.

 

 R11. – Si le Code et les Symboles sont faibles mais pas la mémoire  de travail alors il est possible de suspecter  des difficultés graphiques ou praxiques.

 

 

R12. – Si le Code est faible mais pas les Symboles, alors il est possible de suspecter un trouble de l’encodage graphique (écriture) ou un déficit d’apprentissage. Le diagnostic différentiel entre les deux hypothèses nécessite un test d’écriture. L’inverse, à savoir les Symboles faibles et le Code fort est  rarement observé.

 

R13 - Si la note au Code est faible et l’écriture lente et malhabile, alors la note au Code est liée au déficit en réalisation graphique.

 

 

R14 - Si la note au Code est faible et l’écriture correcte et rapide, alors l’échec au Code peut être mis sur le compte d’une difficulté attentionnelle.

 

 

R15 - Si la note au Code est bonne et l’écriture mauvaise, alors le geste moteur de la succession des graphies  peut être mis en cause.

 

 

R16 - Si la note au Code et la note au Symbole sont toutes les deux altérées  alors il est légitime de suspecter un trouble attentionnel.

 

 

R17 - Si la note au Code est significativement basse mais pas la note au Symbole alors le trouble attentionnel n’est pas attesté.