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Dernier ouvrage paru

 

 

 

La complexité de soi Benoît Virole

 

332 pages papier ivoire,

 couverture toilée bleu marine,  cousu

ISBN : 978-2-9528925-5-1

Charielleditions - France

Prix de vente 35 euros

 

BON DE COMMANDE

 

Ouvrage de fond – Théorique et clinique

 

 

                                                  

Heinz Kohut est un psychanalyste nord américain, juif d’origine viennoise, qui a émigré à Chicago avant guerre.  D’après sa biographe française Agnès Oppenheimer, Kohut aimait raconter la scène suivant : en 1938, Freud prit le train pour quitter Vienne et aller à Londres. Beaucoup d’intellectuels et d’admirateurs de Freud étaient venus assister à son départ, dont le jeune Heinz. Freud l’aurait salué en enlevant son chapeau. Peu importe la crédibilité que l’on peut attribuer à cette scène, l’important est le sens qu’elle prend vis-à-vis de la place de la pensée de Kohut dans l’histoire de la psychanalyse. Continuation de la découverte freudienne ou déviance, le débat autour de la psychologie du Self a été mené dans les années quatre-vingts avant de s’éteindre progressivement. La théorie de Kohut, élaborée tardivement par son auteur, n’est plus guère utilisée sinon refondue en partie dans le courant intersubjectif.

 

La pensée de Kohut peut être scindée en deux parties. La première  a été nommée par Kohut  lui-même, « psychologie du soi restreinte » et la seconde élaborée à partir des années 1977, est une extension à l’ensemble de la théorie psychanalytique des thèses sur le soi et a été nommée « psychologie du soi généralisée ». Le point de départ de Kohut est la distinction entre les névroses de transfert (hystérie, phobies, névroses de contrainte) et les troubles narcissiques. À partir des analyses de patients présentant des troubles narcissiques (sans être pour autant des psychoses avérés), Heinz Kohut propose une vision nouvelle du narcissisme. Classiquement, c'est-à-dire dans la pensée freudienne, le développement libidinal passe par une phase d’auto-érotisme (liées aux zones orales, anales, phalliques), puis secondairement par une phase narcissique, où l’intégration des pulsions partielles se réalise dans l’amour porté par le sujet sur lui-même, et enfin dans un troisième temps s’installe la relation d’objet, prise elle-même dans les relations œdipiennes. L’ensemble des névroses de transfert relève des perturbations de ces relations d’objet. Mais dans ce cadre classique, le narcissisme reste une simple étape sur la voie du développement. Seuls les sujets présentant des psychoses relèvent d’une fixation à cette phase narcissique du développement.

 

Kohut réinterprète cette séquence développementale en attribuant au narcissisme une fonction importante tout au long de la vie. En reprenant la distinction entre moi et soi proposée par Hartmann, il interprète les troubles narcissiques comme des troubles du soi. Le soi est une structure résultante de l’investissement du moi. Pour Kohut, le soi n’est pas une instance psychique tel le moi, le ça ou le surmoi, pris toutes les trois dans des interactions conflictuelles. En reprenant un terme issu des sciences cognitives contemporaines, le soi émerge de l’investissement narcissique du moi. Pour Kohut, le soi est une structure bipolaire composé d’un premier pôle associant le soi grandiose et l’exhibitionnisme, et d’un second pôle lié à la construction d’une imago parentale idéalisée. Le soi grandiose et exhibitionniste correspond à l’énoncé, je suis parfait et tu m’admires, et le second pôle correspond à l’énoncé, tu es parfait et je fais parti de toi. Ces deux pôles sont à la source de deux types d’investissements narcissiques qui coexistent côte à côte avec des prégnances différentes selon les constitutions des sujets et leurs différents points de fixation traumatiques. Ces investissements narcissiques se déploient en parallèle des investissements objectaux décrits par la psychanalyse « classique ». Ainsi, toute relation d’objet peut être décomposée selon Kohut en d’une part un investissement objectal œdipien, et d’autre part un investissement narcissique, ce dernier comprenant les deux parties, investissement par le soi grandiose exhibitionniste, et investissement de l’imago parentale idéalisée. Pour Kohut, ces investissements narcissiques peuvent être masqués par une attention portée trop exclusivement aux investissements d’objets. Pour comprendre, et soigner, les troubles narcissiques, il convient d’être attentif aux manifestations du soi grandiose exhibitionniste et de l’imago parentale idéalisée.

 

 

Les manifestations du soi grandiose exhibitionniste se révèlent dans le besoin d’être unique, dans la mégalomanie, dans l’attention solipsiste, dans le besoin d’être admiré. L’intégration normale du soi grandiose dans le développement aboutit à une estime de soi réaliste et mature. Les manifestations de l’imago parentale idéalisée se révèlent dans la présence inconsciente dans le soi d’un objet omnipotent, (toute puissance) admiré. L’intégration normale de cette imago parentale idéalisée conduit à la construction de l’idéal du moi et permet au sujet l’accès à l’admiration des autres, à la genèse d’idéaux collectifs, à l’adhésion religieuse…La fusion deux intégrations, celle du soi grandiose exhibitionniste et celle de l’imago parentale idéalisée, conduit à l’établissement d’un soi authentique, cohésif. Toutefois, la cohésion du soi est dépendante du maintien des objets-soi. Sous ce terme, Kohut entend des investissements narcissiques d’objet. Contrairement à Freud pour qui les investissements narcissiques et les investissements sexuels d’objets sont dans une relation d’interdépendance, de vase communicants, Kohut avance que les investissements des objets-soi ne sont pas au détriment des investissements sexuels d’objets. Les deux investissements sont sur des trajectoires indépendantes.

 

 

 

La pathologie narcissique résulte de traumatismes reçus par le sujet au moment où le narcissisme, fonction normale et structurante, se développe et est vulnérable en tant justement qu’il est une nouvelle structure émergente. Les traumatismes peuvent se réaliser tant sur le pôle du soi grandiose exhibitionniste – l’enfant est l’objet d’une vexation lors d’une scène où il exhibe son soi grandiose – que sur le pôle de l’imago parentale idéalisée (précurseur de l’idéal du moi) – l’enfant est déçu par l’adulte admiré et l’imago parentale idéalisée devient un soi objet archaïque. La pathologie narcissique se manifeste par un faisceau de traits où peuvent être reconnus les deux pôles constitutifs du soi. Il existe ainsi chez les sujets présentant des troubles narcissiques un contraste entre un soi grandiose inconscient et un  sentiment conscient d’infériorité et de vide intérieur. Chez ces sujets, le soi grandiose se gonfle d’investissements narcissiques fantasmatiques entraînant la constitution d’une image irréelle de soi. Lorsque le soi grandiose a subi un défaut d’intégration, le soi est l’objet d’un premier clivage vertical séparant une partie du soi pleine de vanité et une autre partie emplie de honte, d’hypocondries (préoccupations narcissiques sur le corps) et de manque d’estime de soi. Kohut décrit un autre clivage du soi, qu’il désigne comme horizontal dans la mesure où, apparenté au refoulement, il maintient dans l’inconscient un soi grandiose qui cherche à réaliser ses buts auxquels s’oppose un soi réalité.

 

 

La situation analytique suscite l’installation de transferts narcissiques de différents types mais qui tous sont mus par la recherche du soi, atteint dans sa cohésion, de se restaurer en répétant les atteintes traumatiques pour tenter de les dépasser. Kohut distingue ainsi trois types de transfert en miroir : la fusion où l’analyste est englobé dans le soi grandiose du patient, le jumelage où l’analyste devient un double narcissique du patient, et un troisième type où l’analyste sert les besoins narcissiques du soi grandiose.

 

Benoit Virole source La Complexité de soi

 

 

 

Développement et régression dans le domaine du soi grandiose

 

 Développement et régression dans le domaine de l’objet tout puissant

 

État normal

 

 

1) Forme évoluée de positive de l’estime de soi : confiance en soi

 

1) Forme évoluée d’admiration des autres

 

Capacité d’enthousiasme

 

 

 

Trouble narcissique de la personnalité

 

 

2) Demande solipsiste d’attention

Stade du soi grandiose

 

 

3) Fragments du soi grandiose

     hypocondrie

 

 

 

2) Besoin irrésistible de fusion avec l’objet  tout puissant

Stade de l’imago parentale idéalisée

 

3) Noyaux (fragments) de l’objet tout puissant idéalisé ; sentiments religieux mystiques incohérents.

 

 

Psychose

 

 

4) Reconstitution délirante du soi grandiose

 

4) Reconstitution délirante de l’objet tout puissant

persécution

 

 

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