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Sciences cognitives et psychanalyse 1992

 

332 pages papier ivoire,

 couverture toilée bleu marine,  cousu

ISBN : 978-2-9528925-5-1

Charielleditions - France

Prix de vente 35 euros

 

BON DE COMMANDE

 

 

Ouvrage de fond – Théorique et clinique

La complexité de soi Benoît Virole 2011

 

Éloge de la pensée autiste

Benoît Virole - 2015

 

LE SYSTEME CONCEPTUEL DE MELANIE  KLEIN 

 

POSITION PARANOIDE (persécution)

SCHIZOIDE    (clivage)

 

 

POSITION DEPRESSIVE (> 6 mois)

 

 

 

 

La position paranoïde schizoïde caractérise le fonctionnement du moi au tout début de l'existence. Celui-ci est capable d'établir des relations avec des objets partiels et simultanément de mette en place des mécanismes de défense contre l'angoisse primitive. Celle-ci est l'effet de la pulsion de mort, conçue ici en accord avec la seconde théorie freudienne des pulsions, comme une force de déliaison. Le premier objet partiel rencontré par l'enfant  est le sein de sa mère. Il projette dans (à l'intérieur)  ce sein des parties de son Self contenant la pulsion de mort. Le sein devient alors un persécuteur. L'enfant se défend contre ces persécutions en attaquant le sein par des attaques sadiques orales (le déchirer avec les dents), anales (projeter des fèces), urétrales (projeter des jets liquides d'urines). Les attaques redoutées de la part du sein persécuteur s'effectuent en symétrie des attaques portées par l'enfant contre lui.

La frustration ressentie réellement par l'enfant du fait de l'écart entre le besoin physiologique et la réponse environnementale augmente l'aspect persécuteur fantasmatique du sein et l'intensité  de l'angoisse. A l'inverse la gratification par le sein, diminue l'angoisse de persécution et augmente la confiance dans un bon sein en diminuant la croyance en l'efficacité des attaques sadiques. Il en résulte la génération dans le fantasme d'un bon sein idéalisé auquel l'enfant s'identifie par introjection. Ce bon sein exerce une action de protection contre les attaques du mauvais sein.

 Il s'en suit un clivage entre bon et mauvais sein dont la fonction défensive est de maintenir la distance entre les deux afin d'éviter les attaques du mauvais sein contre le sein idéalisé et le moi qui le contient. En psychopathologie, on retrouve dans les psychoses schizophréniques ces mêmes éléments:  relation d'objet partiel, angoisse persécutrice, clivage, projection, introjection.

 

q        

 

Sous l'effet d'expériences favorables de gratification par le bon sein, et d'autre part de la maturation neurophysiologique, l'enfant commence à comprendre qu'il n'existe pas un bon et un mauvais sein séparé, mais un seul objet total. Il intègre donc les deux objets en un objet total.   Il intègre aussi son moi  et développe son sens de la réalité en différenciant le monde extérieur de son monde intérieur (intrapsychique).

 Vers l'âge de 6 mois, s'installe alors la position dépressive. Or, au même moment l'enfant est encore sous l'effet des attaques sadiques qu'il émet à l'encontre du corps de sa mère (mauvais sein). L'angoisse de l'enfant est alors d'avoir détruit le bon sein idéalisé et avec lui toute la source d'amour et de bonté. Toute séparation avec la mère renforce cette angoisse dépressive. L'absence de la mère prive l'enfant de la possibilité d'infirmer la destruction de l'objet interne et renforce la croyance dans l'efficacité de ses fantasmes sadiques. En psychopathologie, l'angoisse dépressive se retrouve à son acmé dans la mélancolie.

L'élaboration de la PD par la réparation, la créativité et la génitalité permet l'intégration de l'ambivalence et de la culpabilité qui entraîne la réduction du clivage dépressif des objets totaux en bons ou mauvais objets. Clivage qui fait suite au clivage des objets partiels en bons et mauvais objets. Les fantasmes de scène primitive perdent leurs aspects effrayants et l'envie laisse place à la gratitude. Le refoulement se substitue à la projection et l'isolation au clivage. L'angoisse ne porte plus sur l'être (anéantissement et destruction) mais sur l'avoir (castration). Les relations d'objets sont différenciées selon leur sexe et non plus selon leur qualité.

 

 

 

 

 

 

POSITION PARANOIDE (persécution)

                   SCHIZOIDE  (clivage) (avant 6 mois)

 

Relation aux objets partiels clivés en sein idéal

 (objet de désir) et en sein persécuteur (objet de

 haine  et de peur)

Coexistence de l'agressivité et de l'amour

Clivage de l'objet.

Point de fixation de la paranoïa  et de la schizophrénie

Identification projective

 

 

 

 

POSITION DEPRESSIVE (6  mois))

 

Unification entre pulsions agressives et libidinales

Perception de la mère comme une personne totale

Désir d'introjection de sa mère

Mais ambivalence car la mère est source de frustrations

 et de gratification

Synthèse de l'objet.

Point de fixation de la mélancolie pas objet interne stable

Culpabilité et nostalgie désirs de réparation fantasme de restauration

 

 

 

Angoisse persécutrice d'être détruit par le mauvais objet. Angoisse primitive d'être annihilé.

 

 

Défenses :

 

 

1.        Déni : l'objet persécuteur n'existe pas

 

2.        Envie : Idéalisation du bon objet (sein; figuration de l'instinct de vie)

3.        / dévalorisation excessive  dévalorisation de soi

 

4.        Clivage des objets  soumis à la projection et l'introjection

 

5.        Contrôle omnipotent sur l'objet

 

6.        Confusion entre bon et  mauvais objet

 

7.        Acting out : évitement de l'intégration

 

 

Angoisse dépressive de détruire l'objet (mère) du fait

 du sadisme (prototype de la culpabilité)

 

 

Défenses contre l'angoisse :

 

1. Défense maniaque (manie Þ hyperactivité)

(surtout chez l'enfant et chez la maniaque),

 états transitoires dans les phases de deuil

 

 2. Défenses adéquates : répartition, inhibition

 de l'agressivité et réparation de l'objet (ambition

 et échec quand il subsiste  une envie destructrice)

 

3. Introjection de l'objet aimé de façon stable et sécurisante.

Désir de se comprendre soi-même.

 

4. Trans élaboration de la position dépressive. Protection

contre les pulsions destructrices mais crainte en même temps

 que l'intégration retourne l'agressivité contre les bons

 objets intériorisés donnant naissance au sentiment

 douloureux de solitude.

 

5. Préparation au refoulement secondaire

 

q       Bien que la position paranoïde-schizoïde précède la position dépressive, la notion de position est un concept structural plus que chronologique. Il existe ainsi des fluctuations constantes entre les deux positions . Le terme de position renvoie à une modalité d'organisation du moi. Cette organisation du moi comprend l'état du moi, la nature des relations internes, la nature de l'angoisse ressentie et les défenses spécifiques.

q       Trois évolutions sont possibles à partir de la position dépressive (D) :

1.       La régression vers  la position SP afin d'éviter une angoisse dépressive trop intense.

2.       La défense maniaque :  moyen de lutter contre l'angoisse d'avoir détruit l'objet par un déni de sa valeur et de l'amour qui lui est porté.

3.       La réparation, qui fait intervenir l'ensemble du développement psychique : développement du sens de la réalité, activité imaginaire, création de symboles, etc.

q       Pour Klein, la névrose constitue une organisation défensive contre le noyau psychotique  de la position dépressive. Elle signe donc l'insuffisance de l'introjection du bon objet. La névrose phobique est une régression partielle à la position PS à l'intérieur même de la position dépressive, d'où l'aspect persécuteur des symptômes phobiques. Ainsi la névrose est, chez Mélanie Klein ,le négatif de la psychose alors qu'elle est le négatif de la perversion chez Freud.

q        Le complexe d'Oedipe commence à apparaître avec la position dépressive. Lorsque les parents sont perçus comme des personnes totales. L'enfant perçoit la relation qu'ils ont entre eux. À l'ambivalence vis-à-vis du sein s'ajoute la rivalité oedipienne aiguëe. L'enfant attaque donc ses parents dans ses fantasmes. Mais comme il a également conscience de sa dépendance vis-à-vis d'eux, il se sent coupable et ressent une angoisse dépressive. Il s'en suit un clivage. L'un des parents est alors idéalisé et l'autre rejeté comme tout mauvais. Une autre modalité défensive consiste à cliver le couple parental en un couple asexué idéalisé et un couple sexué et haïssable. Les projections construisent alors l'image terrifiante des parents combinés. Puis les attaques contre les parents sexués internes sont suivies d'un sentiment de culpabilité qui conduit au désir de réparer de manière interne et externe un bon couple sexuel. Cette réparation fournit le modèle d'une génitalité créatrice et procréatrice. Un exemple de phantasme des parents combinés. - Rêve : Deux animaux protoplasmiques unis dans un coït à l'intérieur d'une gangue transparente. Le mâle par dessus. Accrochage par une pièce de métal à l'arrière (le pénis). La femelle est en dessous et perd progressivement du volume. L'ensemble flotte à hauteur d'homme devant la porte d’un garage.

Pour Mélanie Klein, le soi (Self) est donc donné d’emblée et constitue la toile de fond sur laquelle se jouent les scénarios fantasmatiques des relations archaïques d’objets, des clivages entre bon et mauvais enfants et des positions fondamentales, schizo-paranoïdes et dépressives. Ainsi, les questions de la genèse du moi et plus largement de l’évolution genèse de l’appareil psychique, comme la question centrale de l’aporie du moi et de la conscience de soi sont largement évacuées par cette notion de Self originaire. Par ailleurs, il est remarquable de lire sous la plume de Mélanie Klein et en particulier dans son dernier ouvrage « Envie et Gratitude » de nombreuses références à l’aspect constitutionnel des forces pulsionnelles dont hérite le petit enfant. L’hérédité des composantes constitutionnelles est ainsi appelée  à la rescousse pour expliquer les différences interindividuelles existantes entre les enfants en dehors de toute autre détermination événementielle (Ce qui correspond d’ailleurs à des faits directement observables et connus également dans la psychologique populaire). On peut se demander si ce n'est pas à ce niveau que le manifeste la variation naturelle portant sur les facultés mentales. Le modèle du déterminisme psychopathologique est aussi essentiellement différent entre de celui de Freud. Pour Freud, c'est la fixation (d'origine indéterminée ou constitutionnelle) qui détermine le choix de névrose. Au contraire, pour Klein, c'est le processus pathologique qui génère la fixation.

 

 

Références

 

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