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332 pages papier ivoire,

 couverture toilée bleu marine,  cousu

ISBN : 978-2-9528925-5-1

Charielleditions

25 bis Av. de Lattre de Tassigny, 91400 Orsay  France

Prix de vente 35 euros

 

BON DE COMMANDE

 

 

La complexité de soi

 

argument    Table des matières  liste des thèses

 

 

Benoît Virole

 

Benoît Virole, psychologue psychanalyste, auteur d’une dizaine d’ouvrages portant sur des sujets divers ; clinique de la surdité, psychanalyse et science cognitives, Charles Darwin et la théorie de l’évolution, la réalité virtuelle, a réuni en un ouvrage  broché de trois cent trente pages  une vingtaine d’articles, de textes de conférences et d’essais dont certains sont inédits. La première partie traite des figures du héros dans la littérature pour la jeunesse (principalement). La prévalence de thème du héros dans cette littérature est interprétée par l’auteur comme la nécessité de figures du narcissisme pour la construction du soi. La seconde partie est consacrée à la clinique de la réalité virtuelle et de l’utilisation des jeux vidéo en psychothérapie analytique, technique que Benoît Virole utilise depuis les années quatre-vingt dix. Sont explicités les champs d’utilisation, les limites et les perspectives de ces approches qui nous forcent à repenser les dimensions du transfert en séance et la participation empathique du thérapeute. Le concept central d’immersion est explicité dans ses dimensions métapsychologiques. La troisième partie s’adresse plus particulièrement au psychologue clinicien avec un chapitre présentant une approche qualitative de l’investigation psychométrique et un chapitre sur l’attention, fonction centrale dans la clinique contemporaine de l’enfant. L’attention est décrite par Benoît Virole comme une fonction somato-psychique permettant la synthèse perceptive et la construction d’objets intentionnels unifiés. La quatrième partie contient des essais de psychopathologie théorique. De façon synthétique, et dans la lignée des travaux des auteurs portant sur le soi  (Grunberger, Kohut), Benoît Virole propose le soi comme une instance psychique, émergente de la récursivité de l’investissement de amour sur le moi, et possédant les propriétés précises des systèmes complexes (singularité, unicité, historicité…), telles qu’elles ont été mises en lumière par les travaux des chercheurs sur les systèmes complexes et en sciences cognitives. Un chapitre, météorologie de l’inconscient, présente sous une forme métaphorique l’intérêt pour les psychanalystes de s’intéresser aux systèmes dynamiques complexes. Un chapitre présentant un modèle unitaire de la schizophrénie et un autre sur l’autisme complètent ce recueil, unifié par la même pensée théorique de l’auteur et nourri d’observations cliniques présentées en annexe. 

 

 La complexité de soi – Benoît Virole

 

332 pages papier ivoire,

 couverture toilée bleu marine,  cousu

ISBN : 978-2-9528925-5-1

Prix de vente 35 euros                  

 

Charielleditions, 2011

ISBN 9782952892551

 

 

Ce livre est un recueil d’essais et d’articles présentés par chapitres indépendants et regroupés en quatre parties.

 

La première partie est dédiée à l’analyse de la fiction dans la littérature pour la jeunesse et à de façon plus large à la création culturelle. Le héros d’une fiction n’est pas seulement le personnage d’une histoire. Le héros contemporain est une figure du narcissisme et assume la nécessité de la narrativité pour la  construction de soi.

 

La seconde partie est consacrée au virtuel.  Depuis plus de vingt ans, nous utilisons les jeux vidéo en séance avec nos patients enfants et adolescents. Nous présenterons en quatre chapitres la technique, les objectifs, et les limites de ces thérapies par réalité virtuelle. Cette approche  est  dans la continuité de l’histoire de la psychothérapie mais elle nécessite l’explication de nouveaux concepts, tels  l’immersion, et la réinterprétation de notions comme l’attention conjointe et  la restauration narcissique de soi.

 

La diversité interindividuelle des aptitudes intellectuelles et la cohésion des fonctions mentales restent des notions mal comprises. Les chapitres de la troisième partie traitent de ces questions. Un chapitre présente une approche de psychométrie qualitative qui peut être utile aux psychologues cliniciens désireux de s’affranchir des contraintes de la mesure. Un chapitre a pour objet l’attention, fonction cruciale car elle est à la croisée de la conscience de soi et de la cognition. Nous avons adjoints à cette partie de psychologie clinique un article sur la mise en critique de la dysphasie comme entité nosographique et un article sur les troubles du langage chez les enfants de migrants. 

 

La quatrième partie propose une psychopathologie centrée sur la complexité du  soi. Un  chapitre présente une interprétation de la crise de la psychanalyse. Un autre consacré à la présentation de la complexité et à son application à la vie psychique. Un chapitre, central dans cet ouvrage, détaille notre conception du soi comme instance émergente de la complexité. Deux  chapitres présentent des applications à la schizophrénie et de l’autisme et le dernier traite de la religion vue  sous l’angle de la démarcation de soi.

 

 En annexe sont reléguées les notes techniques et les observations cliniques auxquelles renvoie le corps du texte.

 

 

           BON DE COMMANDE

 

 

Plusieurs chapitres sont disponibles en ligne (cf. la Table des matières)

 

Liste des thèses  Argument                                  Note de lecture revue Enfance et Psy N°53

 

 

 

Figures du soi

 

Littérature et narrativité

Clinique du virtuel

Cyberpsychologie

Essais de psychologie clinique

Essais de psychopathologie théorique

 

 

 

Table des matières

Présentation

 

Introduction      

Références

 

Chapitre 1 Le sens intime des pratiques culturelles

 

L’idéal de culture

Le désir d’acculturation   

Les obstacles    

De la pérennité des héros          

La critique littéraire        

Les grands archétypes   

Fonctions du héros        

L’infantile         

Conclusions       

Références

 

Chapitre 2

En quête d’un universel narratif

 

Chapitre 3

De la pérennité des héros

 

Chapitre 4 Adolescence, littérature et barbarie ?    

 

La séduction traumatique

La recherche du sens     

Véridiction subjective     

Critique de la réification  

Une littérature opportuniste        

Littérature adolescente ?

La violence et  l’absence 

Un refoulé de civilisation 

La transformation de  soi

Références       

 

 

Chapitre  5 Un roman des origines de soi

(Harry Potter sur le divan)         

 

Chapitre 6 D’un monde à l’autre

A propos de l’œuvre de Pierre Bottero     

 

 

Chapitre 7 La perte d’un objet soi           

La folie Almayer de Joseph Conrad

 

Chapitre 8

De la science fiction avant toutes choses  

 

 

 

Chapitre 9

Psychothérapie  et réalité virtuelle

          

Qu’est-ce qu’un jeu vidéo ? 

La technique          

Indications cliniques

Les jeux vidéo comme « playing »          

Le corps projeté 

Le corps virtuel  

L’économie du mouvement          

La signification symbolique          

L’immersion          

L’imaginaire en jeu  

Héros et avatars

La quête          

La relation transférentielle      

Le problème de la réification          

Références

 

Chapitre 10       

Exil, combat et mascarade

          

L’exil    

Les vertus  du combat          

La mascarade narcisissique          

Conclusions          

Références          

 

 

Chapitre 11

Clinique de la délégation numérique

 

Clinique de la délégation numérique          

La délégation numérique          

Cas cliniques

Conclusions          

Références

 

Chapitre 12

Addiction et jeu vidéo

 

Chapitre 13

 

Mondes virtuels et personnalité

          

La notion de personnalité          

La suspicion « d’addiction »        

L’empathie          

L’expérience esthétique          

Une cognition écologique          

La restauration narcissique          

La question de l’identité          

Le retour du supra-organisme          

Références

 

 

 

Chapitre 14

Psychométrie qualitative

 

 

Objectifs          

L’anamnèse          

Le contact          

La figure de Rey          

La passation du WISC   

Les épreuves verbales          

La mémoire de travail  

La  vitesse de traitement          

Interprétation générale          

Écriture – lecture 

Entretien et/ou dessin libres          

Orientation dans les prises en charge 

Les remédiations cognitives          

Évaluation dans l’autisme          

Détection de dyspraxie          

Détection des troubles attentionnels          

Détection des troubles émotionnels          

Test de socialisation          

Conclusions          

Références          

Annexe 1 -  Étude psychométrique          

Annexe 2 - Récapitulatif des règles d’interprétation          

 

Chapitre 15

L’attention        

 

La définition de l’attention          

Fonction cognitive composite          

Les propriétés de l’attention          

Neurophysiologie de l’attention          

Ontogenèse de l’attention          

L’attention conjointe          

Une vulnérabilité spécifique          

Attention et inconscient          

Attention et cohésion du soi          

Références

 

Chapitre 16

 

Précis de l’audition singulière

 

Chapitre 17       

Le mythe de la dysphasie

 

La spatialité de la syntaxe          

Le stock lexical          

L’informativité          

Conclusions          

Références

 

Chapitre 18       

Troubles du langage chez les enfants de migrants          

 

Le problème du diagnostic          

L’orientation thérapeutique          

Conclusions          

Références

 

Chapitre 19

La complexité de soi

 

Chapitre 20

La crise  de la psychanalyse

          

La crise clinique          

L’impossible renouvellement          

Le rapport entre clinique et théorie 

Les difficultés théoriques          

La concurrence  des neurosciences          

L’indifférence de l’autre scène          

La synthèse          

L’enracinement lamarckien          

Le rapport observateur objet    

La complémentarité          

Un périmètre génératif          

Conclusions          

Références          

 

Chapitre 21

Météorologie  de l’inconscient      

La météorologie, science exemplaire          

La complexité psychique          

Les  singularités dans les rêves          

La psychopathologie comme paysage

Références          

 

Chapitre 22

L’instance de soi

           Les trois paradoxes  de  soi          

La nécessité du narcissisme          

La contradiction          

L’émergence du soi       

La cohesion cognitive          

La démarcation individuante          

La virtualisation          

Références

 

Chapitre 23       

La potentialité schizoïde          

 

Un cas de schizophrénie débutante          

Un cas de schizophrénie paranoïaque          

Un cas de délire interprétatif          

Un cas  de psychose infantile

Un cas de bouffée délirante          

Un cas de dissociation          

Les théories culturalistes          

Le modèle systémique          

La psychanalyse          

L’organo-dynamisme          

La phénoménologie          

Les approches biologiques          

Les approches cognitives          

La déconstruction ontologique          

L’esquisse de l’objet  

Le conflit entre réalité et représentation

Les troubles du langage

Les troubles de l’intentionnalité          

La représentation de soi   

L’implémentation neuronale          

Le sens des  corrélats génétiques          

Structure narrative et délire   

Le problème de la diversité          

Un modèle unitaire 

La catégorisation symbolique          

La structure dynamique du soi       

L’espace des phases 

L’origine des états du soi          

Incidences thérapeutiques          

Références

 

Chapitre 24       

L’autisme et la construction du soi          

 

Les formes cliniques

L’attention          

Interprétation psychosomatique         

Interprétation développementale         

Incidences pratiques          

Perspectives d’action

Une voie intégrative          

Références

 

Chapitre 25       

Dynamique de l’illusion religieuse         

 

Le fait religieux          

Le sacré          

Les trois monothéismes          

Conclusion          

Références

 

Chapitre 26

Genèse d'une pensée scientifique

(Charles Darwin)

 

Liste des thèses 

 

Annexe 1 Méthode d’utilisation de la complexité        

                   La théorie des catastrophes          

Annexe 2 Observations          

 

Index des concepts          

Table des matières

 

Liste des thèses

 

1.     Le soi est une instance  holistique émergente de la complexité.

2.     Le soi est nécessaire à la cohésion des fonctions cognitives.

3.     Le soi assume la vicariance.

4.     Le soi est au sommet de la complexité de l’évolution somato-psychique.

5.     Le soi est le lieu topique des fonctions exécutives et de l’attention.

6.     L’attention constitue la synthèse objective (Husserl).

7.     La dégradation de l’attention  laisse apparaître les automatismes moteurs.

8.     La sexualité est au service de l’espèce mais elle contribue à la diversité interindividuelle par l’indépendance de ses objets.

9.     Les bases de la représentation mentale correspondent aux interactions contraintes par les dimensions de l’espace temps (René Thom).

10.  Le refoulement laisse passer les schèmes morphodynamiques qui deviennent des attracteurs pour de nouvelles représentations.

11.  Dans tout système complexe, il existe un angle de pénétration pour l’intelligibilité (Poincaré).

12.  Il existe une potentialité schizoïde présentant une valeur adaptative.

13.  L’autisme est une trajectoire vers une position subjective cristallisée.

14.  Dans tout système complexe, il existe un angle de pénétration pour l’intelligibilité.

15.  Toute entrave au programme nucléaire de soi (Kohut) enclenche une réaction psychopathologique.

16.  Tout matériel analytique peut se lire de façon complémentaire en terme de dynamique de soi et en terme de relations d’objets (Kohut).

17.  Les monothéismes sont des solutions  au problème de l’altérité.

18.  La fiction est une fonction nécessaire  pour l’entretien du soi.

 

 

Argumentaire général

 

 L’intersubjectivité précoce, déduite des observations du nourrisson, théorisée par Daniel Stern, met à mal la notion d’un état premier où l’enfant serait dans une fusion psychique avec sa mère. La phase initiale sans conscience de soi postulée par la psychanalyse et formulée sous les différentes expressions de narcissisme primaire (Freud), d’autisme primaire normal (Mahler), de phase anobjectale (Spitz) est  réfutée. Cependant, l’intersubjectivité innée ne résout pas l’ensemble des problèmes. Mais comment dater son apparition  sans se fourvoyer dans des considérations philosophiques et religieuses  ?

 

 Un autre problème concerne la compatibilité avec les données cliniques. Les retraits autistiques secondaires à des traumatismes sont une réalité observable. Après une aide psychothérapeutique, beaucoup de ces enfants peuvent  se rétablir sur une trajectoire normalisée de développement. Comment comprendre ce fait si on nous ne disposons plus du concept d’une phase autistique primaire servant de protection à l’enfant devant les traumatismes ? Enfin, l’abandon pur et simple du narcissisme primaire n’est pas sans inconvénients.  L’abandon du terme est certes bénéfique. Il suggérait l’existence d’un amour spéculaire  -  Narcisse contemplant son image dans le reflet de l’eau -  alors que l’image de soi n’est   acquise que plus tardivement dans le développement de l’enfant. Mais l’abandon  du concept a un coût théorique. Comment comprendre la recherche des états narcissiques constatée dans la vie psychique, dans les croyances religieuses (le paradis), dans la création artistique (un autre monde), dans les expériences des toxiques (la jouissance absolue) et dans certains vécus du patient en analyse ? Nous ne pouvons abandonner le narcissisme primaire et nous ne pouvons écarter les relations intersubjectives précoces. 

 

L’instance du soi est la seule alternative.  Au cours de la maturation, émergent des noyaux du soi, issus de l’expérience sensorielle, fragmentés, permettant une conscience réflexive partielle et se réunissant pour une relation intersubjective complète à certains moments de la vie du nourrisson, et en particulier au moment de l’allaitement et ensuite dans les conduites de coopération. Pendant ces moments, le nourrisson unifie les  noyaux séparés du soi par une expérience sensorielle intermodale, où la voix de la mère, son odeur, son visage, le goût du lait se réunissent en un  objet unifié. L’expérience de l’intermodalité sensorielle permet la cohésion d’un soi unifié et la constitution d’une relation à la mère. Mais cette cohésion est momentanée. Le soi se fragmente à nouveau jusqu’à la prochaine expérience de cohésion. Au fil du développement, la cohésion perdure de plus en plus jusqu’à devenir permanente. Cette thèse permet de concilier l’existence d’états dits « autistiques » précoces avec le constat de la construction objectale précoce. Elle rend compte du démantèlement sensoriel observable dans les autismes pathologiques. Elle explique fort bien les données de la clinique des déficiences sensorielles. La thèse de la cohésion progressive des noyaux du soi est séduisante et compatible avec la clinique. Toutefois, elle ne répond pas à la question de l’émergence d’une conscience réflexive de soi autour de l’expérience sensorielle. Pourquoi la perception d’un objet  implique-t-elle la naissance d’un sentiment de soi ?

 

L’intégration des noyaux du soi est réalisée par le travail psychique de la mère donnant cohésion aux expériences fragmentées du soi de son enfant. Ce travail psychique n’est pas une action opératoire, ni un énoncé de communication. Le terme de rêverie est le mieux adapté pour décrire le flux de pensées, de fantasmes et de sentiments de plaisir se produisant chez la mère au contact de son nourrisson. Toute perturbation affective de la mère empêchant cette activité mentale, ou l’opérationnalisant, a une répercussion négative sur l’intégration du soi de l’enfant.  Les observations multiples en psychologie de l’attachement,  en psychanalyse des relations précoces et dans l’analyse des transferts adultes, confirment  l’importance de cette fonction maternelle.

 

Le sentiment de soi est construite par intégration de noyaux. Il existe une dynamique normale de fusion et de séparation de ces noyaux chez le nourrisson. Ces noyaux sont liés à l’expérience perceptive. La précurrence est la source de leur réflexivité. Leur intégration dans un soi unifié est tributaire de l’apport de la mère, ou d’un adulte partenaire assumant la palliation à la prématurité. Il reste cependant des points non élucidés. Comment se concrétise l’émergence d’un soi unifié à partir de noyaux fragmentés ?  Est-il un module, une instance psychique ? Doit-on le réifier ou l’utiliser comme une abstraction ? Doit-on Lui donner un statut d’état mental ou de fonction supérieure ? Peut-on lui attribuer des corrélats neuronaux ? Lui adjoindre une localisation anatomique ?

 

Dans cet ouvrage, nous considérons le développement psychique comme un système dynamique complexe doté de propriétés auto-organisatrices. Tout système dynamique complexe doit se maintenir dans son environnement en délimitant par des interfaces actives ses échanges avec son environnement.  Il s’en différencie et peut l’influer par son action. Il s’autorégule en coordonnant ses échanges. En effectuant ces coordinations par des boucles de régulation, le système est amené à séquencer les opérations de traitement de l’information et à en stocker une partie. Il est obligé de se doter de capacités mémorielles et de créer des instances capables d’opérer des traitements et des sous-traitements. L’évolution ultime de ce système doté de propriétés auto-organisatrices est la génération d’une instance de plus haut niveau capable d’anticipation et de conscience de lui-même. Cette instance permet au système de s’auto-finaliser. L’auto-organisation stipule qu’un système poussé par son homéostasie développe des niveaux cognitifs de hiérarchie croissante allant jusqu’à l’instauration d’une instance ultime capable d’auto-observation.

 

 L’analogie avec la constitution du soi, instance réflexive, capable de conscience est suggestive. Elle est confortée par les propriétés de la complexité qui s’appliquent point par point à la vie psychique. Chaque système émergent de la complexité est dépendant des conditions initiales et ses réponses intègrent l’histoire de son développement. L’instance émergente est délocalisée dans l’ensemble des interactions des éléments du substrat. Elle est irréductible aux propriétés physiques des éléments constitutifs du système, en l’occurrence les neurones. Elle possède des propriétés qualitatives nouvelles qui ne peuvent être déduites des propriétés du système. Elle exerce une causalité descendante sur les systèmes sous-jacents de complexité moindre. L’instance holistique, le tout, a une influence contraignante sur les parties. Elle est capable d’intégrer sous une forme inédite des éléments issus des niveaux inféodés. Elle est imprévisible. De l’extérieur du système, nous ne pouvons pas prédire avec certitude son comportement même si nous connaissons les valeurs exactes de l’ensemble de ses paramètres. Sous la pression de l’environnement, le système dynamique crée des singularités topologiques qui deviennent les index  des catégories symboliques traitées par l’instance émergente. Enfin, ces systèmes émergents peuvent se dégrader en complexité et se stabiliser sur des paliers d’organisation plus simple.

 

 Si nous réinterprétons ces propriétés en les attribuant au soi, nous obtenons des correspondances remarquables. Le soi est singulier. Il est démarqué de l’environnement et maintient sa démarcation constamment menacée de dégradation. Il est cohésif et assure une causalité descendante sur les sous-structures qui lui sont inféodées. Le soi  assume aussi la cohésion des fonctions cognitives, la virtualisation des possibilités de réalisation de soi et l’individuation. Il performe de l’information sous une forme inédite, non déductible de ses sources. Il est donc doué de propriétés génératives et peut virtualiser son devenir. Enfin, sa cohésion peut être rompue. Il peut se désagréger et se rétablir sur des positions antérieures de développement. 

 

L’émergence du soi ne peut se maintenir sans un apport énergétique constant. L’amour narcissique, celui que nous nous portons à nous même, est nécessaire au maintien de soi.  Il ne peut exister de soi sans une expérience d’amour de soi. Le soi est une instance psychique émergente de la récursivité narcissique. L’apport de la recherche psychanalytique sur le narcissisme est  donc fondamental. Nous nous inspirerons largement des apports de Béla Grunberger et de Heinz Kohut pour décrire notre conception du soi.  L’attribution d’un  statut d’instance  au soi  ne minore pas l’importance des autres instances psychiques découvertes par la psychanalyse. En filant la métaphore de Freud illustrant les relations entre les instances psychiques, nous pourrions dire que le moi, instance de l’intentionnalité consciente tentant de donner sens aux pulsions  d’une monture indomptée, (l’inconscient) et aux injonctions du surmoi, doit faire face en plus aux attractions que lui impose le soi. Une relecture de la psychopathologie, ou tout du moins, de certaines de ces entités peut être alors tentée. La reconnaissance de l’existence du soi comme instance émergente de la complexité ouvre également des perspectives nouvelles pour une exploration de la culture. Le soi, par nature, est tributaire de l’anticipation de sa réalisation. Il se virtualise en permanence. L’analyse du soi nous invite ainsi à rehausser la fiction dans l’ordre des valeurs psychologiques. La création de mondes fictifs où sont immergés des personnages imaginaires est au cœur de notre culture. Nous avons besoin d’histoires autant que d’oxygène et d’amour. Nous  ne pouvons être nous même qu’en nous imaginant autres car à  l’aube de notre vie nous avons été rêvés par l’autre.

 

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